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Les changements induits par l’arrivée des technologies dans les entreprises prennent du temps, et il est difficile pour ces dernières de prévoir les modifications qu’elles génèreront. Cela a notamment été le cas pour l’adoption de l’e-commerce, qui a impliqué des réorganisations techniques et commerciales. C’est la thèse que soutient Sara Hjelm Lidholm, chercheuse à l’université suédoise de Gothenburg. Elle a en effet suivi une entreprise suédoise pendant 10 ans, période durant laquelle Internet est devenu le premier réseau de ventes au monde. Il apparaît selon elle que ces changements n’ont pas été sans conséquences car les réajustements organisationnels ont parfois pu mener à des conflits entre départements, et générations. De plus, il apparaît que des transitions parfois brutales ont notamment été provoquées par les attentes des consommateurs.
La chercheuse a ainsi identifié six définitions de l’e-commerce qui se sont chronologiquement substituées. Dans un premier temps, la transformation fut purement technique. Elle est ensuite devenue commerciale, et s’est notamment transformée en « vision commerciale ». Par la suite, l’attention des entreprises change et les personnes impliquées dans les stratégies sont amenées à modifier leurs cibles. Comme, dans le cas de l’e-commerce, le fait qu’elles sont devenues de plus en plus proches des consommateurs et du marché. La quatrième étape, c’est que le site Internet a été défini comme un magasin à part entière. Finalement, ils sont devenus connectés aux magasins physiques et donc n’ont plus été vraiment dissociables. Pour finir, et c’est là où nous en sommes aujourd’hui, l’e-commerce se définit comme une opportunité pour les consommateurs d’acheter ensemble, grâce aux médias interactifs.
Concrètement, l »e-commerce finalement se définit aujourd’hui comme une opportunité pour les clients de consommer ensemble grâce à leur socialisation sur les médias interactifs. Ce qui n’était pas le postulat de départ. En ce sens, ce sont les consommateurs qui contribuent à définir les nouvelles barrières des organisations afin qu’ils puissent interagir entre eux sur les sites des entreprises. C’est même le consommateur qui transforme l’entreprise en passant, dans le cas étudié par la chercheuse, 60 % de ses commandes en ligne. Enfin, l’adoption de ces outils numériques par les usagers a fortement été poussée par les notions de distances physiques entre les individus.
Par Hugo Sedouramane
http://www.atelier.net/articles/ladoption-nouvelles-technologies-induit-ajustements-perpetuels
« Il ne reste plus qu’à » :
– faire entrer l’internet mobile dans les magasins,
– assurer une parfaite cohérence marketing et commerciale entre le click et le mortar,
– faire intégrer le changement par les équipes en magasin…
Les sites des enseignes traditionnelles comblent leur retard sur les pure players
En trois mots…
– Pour le vendeur, Internet est clairement un ennemi
– Les bornes tactiles connectées rendent la cérémonie de vente encore plus collaborative
– La vente est un théâtre
– La meilleure des technologies est celle qu’on ne voit pas
Interview sur l'intérêt des bornes tactiles en magasin
En trois mots…
– Pour le vendeur, Internet est clairement un ennemi
– Les bornes tactiles connectées rendent la cérémonie de vente encore plus collaborative
– La vente est un théâtre
– La meilleure des technologies est celle qu’on ne voit pas
Les cybermarchands s’allient au commerce traditionnel.
En témoigne l’annonce hier par le spécialiste anglais de l’immobilier commercial Hammerson (6 milliards d’euros d’actifs en gestion) d’un accord avec le site Vente-privée.com, qui vise, selon le communiqué, à« attirer de nouveaux clients dans les centres commerciaux, d’en accroître la fréquentation et de contribuer à la croissance des commerçants ».
Comment ?
En proposant sur vente-privée.com une vente de chèques cadeaux de ses centres commerciaux. » « Nous avons engagé début 2010 une stratégie multicanal, explique aux « Echos » Vincent Ravat, directeur des opérations de la foncière. Une expérience de « ventes flash » au centre Italie-2 [à Paris, NDLR] a déjà très bien fonctionné. »
C’est une forme de provocation, mais cela pointe une vraie tendance. Hier, lors du bilan du premier trimestre 2011 de la Fevad (Fédération d’e-commerce et de la vente à distance), Marc Lollivier, le délégué général, a annoncé que la prochaine assemblée générale de l’organisation, le 16 juin, traiterait du thème : « L’e-commerce aura disparu en 2020 » ! Au vu des progressions exponentielles des ventes sur Internet (lire ci-dessous), on en est loin. Mais un mouvement de convergence entre les « pure players » et les magasins en dur -le commerce traditionnel -semble en marche.
La stratégie est, en réalité, à double détente. Proposer des offres promotionnelles sur Internet permet de toucher les 28 millions d’internautes qui achètent en ligne et de les inciter à se rendre dans les centres commerciaux. Dans le même temps, Hammerson est en train d’accueillir sur ses sites des boutiques ouvertes par des « pure players » du e-commerce. Un accord a été signé avec Promovacances, un autre est en négociation avec Pixmania.
Image contre boutique
« Avec les cybermarchands, on peut imaginer beaucoup de choses, estime Vincent Ravat. Ces boutiques peuvent exposer des produits phares des sites, relayer des opérations commerciales, servir de lieu de livraison ou de service après-vente. » Un responsable de commercialisation de Klépierre, autre promoteur de centres commerciaux, constate que « les acteurs Internet sont à la recherche d’une vitrine pour rassurer leurs clients, quand les centres commerciaux sont intéressés par l’image d’achats malins qu’apporte une enseigne en ligne ». Toutefois, les enseignes Internet spécialisées dans les prix cassés sont peu susceptibles de payer le niveau de loyer des centres commerciaux, note-t-il.
Autre signe de la convergence, Groupon, le spécialiste des achats groupés qui renvoie régulièrement sur des commerces « physiques », a accédé au sixième rang du palmarès de l’audience des sites d’e-commerce. Cdiscount, pour sa part, utilise les magasins du groupe Casino (auquel il appartient) pour livrer ses produits.
Quant aux commerçants « en dur », ils développent depuis plusieurs années le modèle « click and mortar », à l’instar de Darty, qui réalise 9,7 % de ses ventes sur le Net.
PHILIPPE BERTRAND, avec myriam chauvot, Les Echos